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Atelier de Partage et de Dialogue entre la CNDH et les Organisations de la Société Civile

Dans le cadre de la mise en œuvre du projet «Gouvernance Démocratique et Droits de l’Homme», financé par l’Ambassade du Royaume de Danemark basée à Ouagadougou, à travers l’ONG internationale OXFAM,

la Commission Nationale des Droits Humains (CNDH) a organisé du 1er au 2 novembre 2019 à Niamey un atelier de partage et de dialogue avec les Organisations de la Société Civile(OSC) en charge des droits de l’homme, des droits de la femme et pour un plaidoyer sur la lutte contre les violences basées sur le genre. La cérémonie officielle d’ouverture présidée par le Président de la CNDH Pr. Khalid Ikhiri, a été rehaussée par la présence du président du CESOC, de l’Ambassadeur de Turquie et de plusieurs invités de marque.

En procédant l’ouverture dudit atelier qui regroupe 30 participants , le Président de la CNDH a, au nom  de l’institution qu’il dirige présenter sa compassion aux familles des 12 éléments des FDS tombés sur le champ de bataille ainsi qu’au huit (8) blessés suite à  une attaque des Groupes Armés Non Etatiques dans le Département de N’Guigmi(région de Diffa).  « La CNDH condamne une fois de plus les Groupes Armés Non Etatiques auteurs de cette barbarie et appelle à plus de vigilance, plus de loyauté, plus de créativité, et une meilleure coordination des actions par tous les acteurs intervenant dans le cadre de la sécurité de notre pays » a déclaré Khalid Ikhiri .

Sur l’atelier, le président de la CNDH a indiqué « qu’il participe d’une approche nouvelle, une approche qui consiste à donner la parole aux acteurs de la société civile pour faire part de leurs expériences de façon à s’enrichir les uns et les autres. Il s’agit là d’une approche innovante qui permettra sans nul doute, de mutualiser les efforts dans la poursuite des objectifs communs aux OSC et la Commission Nationale des Droits Humains  en conformité d’ailleurs avec les Principes de Paris ». De façon spécifique, au cours de cet atelier, les  échanges se focaliseront sur  la jouissance  des droits humains par les couches vulnérables principalement  les femmes et les enfants, même si la notion du genre est plus large, car,  le genre implique aussi d’autres acteurs.

En effet, dans le monde, une femme sur trois (3) est victime de violences physiques ou sexuelles au cours de sa vie, plus de 130 millions de femmes ont subi des mutilations génitales avec entre autres conséquences la survenue de la fistule obstétricale, plus de quatre (4) millions de filles sont victimes de mariages précoces ou forcés chaque année…..En outre, une étude commanditée par l’OMS et la Banque Mondiale a montré que la violence conjugale est la cause principale de la mortalité ou de la morbidité des femmes de 16 à 44 ans. A l’image de la situation mondiale, la femme nigérienne est aussi en proie à plusieurs formes de violences. Elle est victime de violences visibles physiques, sexuelles, psychologiques et verbales, les violences ‘’voilées’’ admises par l’inconscient collectif il s’agit entre autres du mariage forcé, de la répudiation, de la claustration, de la succession et de l’exploitation. S’agissant de l’enfant nigérien précisons que : Le Niger détient la plus forte croissance démographique au monde (3,9%par an), avec un indice synthétique de fécondité le plus élevé 7,6 enfants par femme. Le Niger possède le plus fort taux de prévalence  de mariage précoces avec plus de 76%de filles mariées avant 18 ans. Cependant la protection de l’enfant doit avoir une place de choix dans nos politiques sociales  car la constitution du 25 novembre 2010 élève la lutte contre la violence faite aux femmes et aux enfants au rang de priorités nationales. Toutefois, en dépit  de la protection fournie par les familles, la société et l’Etat, les enfants continuent à subir diverses formes de violence et d’exploitation. La violence contre l’enfant se présente sous des formes multiples : négligences graves des parents ou tuteurs, agressions physiques, abus sexuels, pratiques dommageables liées à la tradition, violence morales, diverses formes de travaux pénibles et d’exploitation. Cette violence se manifeste dans la famille, le milieu scolaire, la communauté, les lieux de travail, la rue au grand jour ou de manière dissimulée. Les causes de ce phénomène sont d’ordre structurel, liées au contexte socioculturel, économique et politico-institutionnel du pays.  Aussi la déstructuration des ménages  suite à l’abandon de la famille, à la répudiation et au divorce tout comme le relâchement des solidarités communautaires représentent des sources additionnelles de risque pour les enfants.

 C’est pourquoi selon le Président de la CNDH, « La situation de la protection des droits de la femme et de l’enfant nous interpelle tous à maints égards notamment, en période de conflits armés avec le déplacement massif des populations, des conséquences des changements climatiques comme c’est le cas des inondations ».  Ce qui justifie  cette  démarche participative et inclusive des OSC et de la CNDH au cours de l’atelier. Au terme de cette formation, des résultats suivants sont attendus dont entre autre recueillir la perception des participants sur le niveau de jouissance des droits humains par la femme et l’enfant ;recueillir des témoignages des acteurs sur les cas de violation des droits  de la femme et de l’enfant ;inciter les acteurs à une meilleure implication dans le processus de formulation d’un plan de plaidoyer sur la lutte contre les Violences Basées sur le Genre (VBG) ; et  renforcer la collaboration entre la CNDH et les OSC conformément aux Principes de Paris.